Les ondes, aux origines de la magie des mondes.

Le 21 mars 2017 à la Halle aux Grains, Blois.

 

Les scientifiques :
le biologiste Pierre Sonigo, le mathématicien Stéphane Dugowson, le cosmologiste Marc Lachièze Rey.

Les artistes :
« La fabrique imaginaire » d’Eve Bonfanti et Yves Hunstad auteurs et acteurs de théâtre, accompagnés de Lola Bonfanti chanteuse et musicienne. http://www.fabriqueimaginaire.com/index.php?page=fabrique

En 1916, il y a tout juste cent ans,  Albert Einstein nous offrait la théorie de la relativité générale. Un monument de l’intelligence humaine qui devait bouleverser notre représentation du monde.  Mais encore fallait-il démontrer l’existence de tous les processus ou phénomènes qui devaient en découler. Parmi eux : les ondes gravitationnelles !

L’histoire commence par une danse ! Il y a 1,3 milliards d’années deux trous noirs tournaient l’un autour de l’autre. D’abord très lentement puis de plus en plus vite pour finalement se percuter et fusionner avec une violence rarement égalée dans l’Univers. Pendant une fraction de seconde, cette collision produisit une vibration de l’espace-temps d’où surgirent des ondes gravitationnelles. Le 11 février 2016, plusieurs équipes de chercheurs participant aux expériences LIGO et VIRGO nous ont annoncé leur extraordinaire découverte, qu’Albert Einstein lui-même pensait impossible.

Cette existence pour la première fois révélée nous entraîne vers l’exploration gravitationnelle plutôt que lumineuse du cosmos ouvrant ainsi pour la première fois un regard sur l’invisible, dimension à la fois physique, métaphysique, magique, philosophique et spirituelle.

Les LabOrigins sont des spectacles qui nous font part des dernières découvertes ou théories liées à nos origines par le biais d’une rencontre inédite entre des scientifiques et des artistes. La richesse de ces « dialogues » inattendus sublimés par l’expression artistique, permet à chacun de se laisser glisser avec légèreté dans des univers souvent réputés inaccessibles. Les LabOrigins sont des spectacles qui ne se reproduisent jamais deux fois.

 Black Hole Merger Simulation

Image credit: The SXS (Simulating eXtreme Spacetimes) Project

Les ruptures : aux origines de l’improbable

La physicienne Elisabeth Bouchaud, le psychiatre Serge Hefez,  et le cosmologiste Marc Lachaise-Rey rompent avec notre idée de la rupture

Le dimanche 18 septembre 2016 au théâtre de la Reine Blanche, les LabOrigins s’interrogaient sur le rôle des ruptures dans l’organisation du monde :

 

De l’infiniment petit à l’infiniment grand, en passant par la matière solide, molle ou vivante, les ruptures sont déterminantes. La symétrie se brise et c’est tout un univers qui se re-construit ! Et qu’en est-il de notre monde intérieur lorsqu’un lien avec celui ou celle que l’on aime se brise à tout jamais ?

Toute rupture entraîne des phénomènes difficilement prévisibles.  Si les dinosaures qui dominaient le monde des vivants il y a 65 millions d’années n’avaient pas disparu, jamais les petits mammifères qui ont survécu n’auraient pu se développer pour donner naissance à une multitude d’autres espèces de mammifères. C’est donc grâce à cette « rupture » au sein de la biosphère que les hommes, par le jeu d’une longue évolution ont fini à leur tour par dominer le monde. Ainsi chaque rupture est à l’origine de « quelque chose d’autre ».

 

Les participants, chercheurs et artistes :

Elisabeth Bouchaud est directrice de recherche à l’ESPCI Paris.
Physicienne de formation, spécialisée dans l’étude de la mécanique de la rupture, elle s’intéresse aux aspects physiques des fractures de matériaux hétérogènes. Elle est également auteure de théâtre, comédienne, et dirige depuis avril 2014 le Théâtre de la Reine Blanche à Paris, scène des Arts et des Sciences.

Serge Hefez est psychiatre des hôpitaux. Il exerce comme psychanalyste et thérapeute familial. Responsable de l’Unité de thérapie familiale dans le service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’hôpital de la Pitié Salpétrière à Paris, il est également chef de service d’ESPAS, institution consacrée entre autres aux personnes en questionnement vis-à-vis de leur sexualité. Il est l’auteur de nombreux essais sur les relations conjugales et familiales dont « La Danse du couple », « Quand la famille s’emmêle » et « Scènes de la vie conjugales », ainsi que sur les questions de genre : « Dans le Cœur des hommes », « Le Nouvel ordre sexuel ». Il a publié en 2016 « La Fabrique de la famille ».

Marc Lachièze-Rey est cosmologiste. Docteur en sciences et ancien élève de l’École Normale Supérieure (rue d’Ulm), il est aujourd’hui Directeur de Recherches au CNRS. Ses recherches portent sur la Cosmologie (problèmes de la masse cachée et de l’énergie noire), la Physique théorique et la gravitation, la nature du temps et de l’espace. Marc Lachièze-Rey fait partie depuis le début du comité de soutien des LabOrigins.

Quentin Le Guennan, alias Patamo, travaille la pâte à modeler depuis sa plus tendre enfance. Adulte, il en a fait son métier et s’est notamment illustré dans les pages de National Geographic ou Science et Vie Junior. A la télévision il a été diffusé pour clôturer le journal télévisé 19/20 de FRANCE 3 et a remporté le très disputé concours Michel Gondry sur les films suédés. C’est fort de cette expérience qu’il travaille désormais auprès de nombreuses collectivités pour transmettre son expérience créative.

Joëlle Koundé est musicienne, chanteuse, bassiste influencée par le Jazz, la Soul, le Groove, le Funk. Avec ses différentes formations en chant, piano, harmonie (CIM, American school of modern music, école Atla) de danse (Paris Centre Clichy) et de comédienne (Cours Simon), elle prête sa voix à de multiples projets musicaux nationaux ou internationaux, Mory Kante, Manu Dibango, Céline Dion, Mariah Carey et bien d’autres. Elle a créé le Djokoundé Trio qui revisite les grands standards groovy de la musique black américaine.

Olivier Defaÿs est saxophoniste et compositeur. Après des étude de jazz,  il poursuit  depuis la fin des années 80 une carrière de saxophoniste dans  la variété (Blues Trottoir ,Sansevérino), les musiques caribéennes (Mambomania; Mizikopéi) et bien sûr, le jazz  – en grandes formations (Laurent Mignard Duke Orchestra) en moyennes formations (Aurore Voilqué Septet) ou avec son quartet « Men In Bop ». En tant que compositeur, il a travaillé pour le théâtre, le cinéma  et la télévision.

Le vide quantique aux origines de l’Univers

Dans le cadre de la Nuit européenne des chercheurs et des 60 ans du CERN. Ce spectacle associa acrobates et danseurs du Collectif Intérieur Brut, aux hologrammes des scientifiques réalisés par l’artiste plasticien et vidéaste Pierrick Sorin. L’enjeu avait été de trouver une forme artistique qui permettait à tous les publics de s’approprier émotionnellement cette nouvelle vision d’un Univers né du Vide il y a 13 milliards 800 millions d’années. Nous sommes nés du Vide disent les scientifiques mais d’un vide qui n’est pas tout à fait vide. Un vide dans lequel il y a quelque chose… comme une énergie qui sommeille prête à jaillir à la moindre fluctuation quantique. C’est sur ce vide qui n’est pas vide que s’est construit notre Univers et ses milliards de milliards de galaxies, d’étoiles, de trous noirs, de planètes, et ses milliards de milliards d’êtres vivants, d’animaux, de plantes et d’ humains ! Ces scientifiques qui nous ont conté une si belle histoire apparaissaient et disparaissaient dans l’imagerie numérique dont seul Pierrick Sorin avait le secret. Tandis que ses danseurs et acrobates nous ont offert des plongées vertigineuses dans le vide quantique !
En compagnie d’Hubert Reeves, Michel Spiro, Etienne Klein, Sandrine Laplace… ce LabOrigins présentait au public 20 minutes d’un spectacle unique où les théâtres optiques de Pierrick Sorin; les acrobates de la compagnie Bonheur Intérieur Brut, et la musique originale de Benjamin Moussay se sont unis au scientifiques présents pour nous faire plonger dans le vide quantique.
La mise en scène était de Jack Souvant. La soirée fut magnifique !
17 Septembre 2014 au Centre des Arts d’Enghien-les-Bains et le
26 Septembre 2014 au théâtre du Bordeau à Saint Génis Pouilly pour fêter les 60 ans du CERN

La nuit des Origines UNESCO

Cet événement exceptionnel fut le tout premier embryon de LabOrigins. Co organisé par l’UNESCO et l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN), en partenariat avec l’Institut national italien d’astrophysique (INAF), l’Agence spatiale européenne (ESA) et l’Observatoire européen austral (ESO), était en partie financé par l’Union européenne. Il a eu lieu le 27 septembre 2013 simultanément dans 3 villes européennes (Genève, Bologne et Paris), qui furent reliées par vidéoconférence autour du thème de la « naissance de l’Univers » et des liens intimes entre la physique des particules et la cosmologie. Et ceci à la lumière de la découverte récente du boson BEH (Brout, Englert et Higgs) et de l’image du satellite européen Planck.

L’objectif de ce premier LabOrigins fut, dès le départ, de permettre à un très large public de découvrir le «visage humain» de la recherche. Nous avons dialogué en direct avec des scientifiques de renom, présents à Genève, Bologne, et Paris sur la scène de L’UNESCO. L’événement rassembla également des responsables dans le domaine de la culture, de l’art et de la philosophie, qui furent invités à partager avec le public leurs idées sur la nouvelle vision de l’univers et de son impact culturel.